La Mutuelle d’Assurance des Taxis-Compteurs d’Abidjan (MATCA) se retrouve au centre d’une nouvelle controverse autour de sa gouvernance. Face à des accusations relayées par certains médias concernant les conditions de sa mise sous administration provisoire, le ministère ivoirien de l’Économie, des Finances et du Budget affirme que la procédure a été conduite conformément au Code CIMA et validée par les instances régionales de contrôle du secteur.
La situation de la MATCA suscite de nouvelles tensions en Côte d’Ivoire. Plusieurs publications en ligne ont récemment mis en cause la régularité du dispositif d’administration provisoire de la mutuelle et évoqué une possible implication des autorités dans les difficultés de gouvernance de l’institution.
Dans un communiqué rendu public le 25 août 2026, le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget a rejeté ces accusations et apporté sa version des faits.
Une procédure conforme au Code CIMA, selon le ministère
Au cœur de la controverse figure la décision de placer la MATCA sous administration provisoire.
Selon le ministère, cette mesure a été prise dans le strict respect des dispositions du Code de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA).
Les critiques relayées dans certains médias portent notamment sur de supposées irrégularités dans la mise en place et la conduite de cette administration provisoire.
L’administration ivoirienne conteste cette lecture. Elle soutient que le mandat de l’actuelle administration provisoire repose sur une base légale et qu’il a été validé par le Conseil régional de contrôle des assurances (CRCA), organe de contrôle du secteur des assurances au sein de l’espace CIMA.
Cette précision est importante puisque la MATCA, en sa qualité d’organisme d’assurance, évolue dans un environnement réglementaire qui dépasse le seul cadre national ivoirien et relève également du dispositif communautaire CIMA.
Le ministère rejette les accusations de « complicité institutionnelle »
Les autorités ivoiriennes répondent également aux accusations faisant état d’une supposée « complicité institutionnelle » dans la gestion de la situation de la MATCA.
Le ministère rejette toute implication irrégulière de ses services et considère comme infondées les accusations formulées à leur encontre.
Le ton du communiqué se veut par ailleurs ferme : le ministère met en garde contre la diffusion d’informations qu’il considère comme non fondées et indique que leurs auteurs pourraient s’exposer à des poursuites judiciaires.
La gouvernance de la MATCA de nouveau au centre des préoccupations
Cette nouvelle controverse replace surtout la question de la gouvernance de la MATCA au premier plan.
La mutuelle, spécialisée dans l’assurance des taxis-compteurs d’Abidjan, a connu au cours des dernières années différentes périodes de tensions et de contestations concernant sa gestion.
Le recours à une administration provisoire constitue, dans ce contexte, une mesure destinée à encadrer temporairement la gestion de l’institution sous le contrôle des autorités compétentes.
Mais les contestations entourant aujourd’hui cette procédure montrent que les enjeux dépassent désormais la seule gestion opérationnelle de la mutuelle. Ils concernent également la légitimité des décisions prises, le respect du cadre prudentiel et la confiance des sociétaires et des différentes parties prenantes.
Un dossier sous surveillance réglementaire
La référence du ministère à la validation du CRCA confère au dossier une dimension régionale. Dans l’espace CIMA, la surveillance des organismes d’assurance repose en effet sur une architecture associant les autorités nationales et les instances communautaires de contrôle.
Dans le cas de la MATCA, le ministère entend ainsi rappeler que l’administration provisoire ne résulterait pas d’une initiative prise en dehors du cadre réglementaire, mais d’un dispositif inscrit dans les mécanismes de supervision applicables au secteur.
La poursuite de cette administration provisoire et l’évolution de la situation institutionnelle de la MATCA seront donc particulièrement suivies. Au-delà de la controverse actuelle, l’enjeu sera de parvenir à stabiliser durablement la gouvernance de la mutuelle et à préserver les intérêts de ses sociétaires et assurés.
Par la Rédaction de 225assurances, 29 août 2026

