La Banque africaine de développement accélère sur le terrain de l’assurance-commerce. La décision est tombée le 22 mai 2026, à Abidjan, en Conseil d’administration. Feu vert pour une entrée au capital de l’Assurance pour le développement du commerce et de l’investissement en Afrique (ATIDI), à hauteur de 125 millions de dollars. La raison ? Une demande de produits d’atténuation des risques qui explose un peu partout sur le continent.
Au-delà du montant, c’est la finalité qui compte. ATIDI va pouvoir compléter sa gamme. En tête de liste, l’assurance contre les risques de crédit commercial, puis celle contre les risques politiques. Deux outils qui pèsent lourd quand il s’agit de convaincre un investisseur étranger de franchir le pas, ou de débloquer un échange intra-africain que la peur du risque maintient à l’arrêt.
Pour la Banque, rien d’improvisé. Solomon Quaynor, vice-président chargé du Secteur privé, de l’Infrastructure et de l’Industrialisation, relie l’opération à la Stratégie décennale 2024-2033. Une feuille de route tournée vers le privé. Le projet entre aussi en résonance avec la Zone de libre-échange continentale africaine, portée par un objectif limpide : faire circuler davantage de marchandises d’un pays africain à l’autre.
Côté ATIDI, il est question d’histoire commune. Pour Manuel Moses, le PDG, il s’agit d’« une nouvelle étape importante ». L’histoire commence en 2013. Depuis, les deux institutions ont étendu la présence de l’assureur sur le continent, allégé le risque sur une partie du portefeuille de la Banque, accompagné quelques projets de premier plan. Cette fois, les fonds serviront la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD).
Un acteur discret, pourtant. ATIDI naît en 2001, par traité, entre plusieurs États africains. La Banque mondiale était de la partie. En mai 2026, l’institution comptait 38 actionnaires. Son siège se trouve à Nairobi. Des bureaux de représentation à Cotonou et Abidjan, mais aussi en Tanzanie, en Ouganda et en Zambie. Et, depuis ses tout premiers pas, 93 milliards de dollars d’échanges et d’investissements transfrontaliers couverts. En 2025, les Banker Awards l’ont désignée institution de financement du développement de l’année.
Maintenant, la vraie question. Ce capital frais finira-t-il par élargir, concrètement, l’accès à la couverture pour les entreprises du continent ? Le terrain tranchera.
225assurances – Le site d’information N°1 de l’Assurance en Côte d’Ivoire et en Afrique – 07 juin 2026

